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Genève

  • Tigrequeen sort en boîte (Les Poèmes de la Lune rouge, LV)

    Pendant les deux mois séparant la sortie du single et celle du disque, Tigrequeen donna gracieusement quelques concerts impromptus dans des boîtes de nuit et autres bars genevois.

    Le premier eut lieu au Speakeasy, dans la Vieille Ville, début juillet. La scène se trouvait à côté du bar, au fond d'une petite salle décorée de motifs et de photos vaguement Swinging London, meublée de petites table rondes bleues, garnies de fleurs blanches, et de chaises rouges.

    Vers onze heures, Oona entra la première sur scène, vêtue d'un tee-shirt bleu clair, d'un jeans pattes d'éléphant bleu foncé et de baskets Converse montantes violet foncé. Elle était coiffée de son désormais classique Stetson, sous lequel se déployaient jusqu'aux épaules ses beaux cheveux châtain foncé ! Pendant l'entrée de ses comparses, elle joua l'hymne genevois, le Cé Qu'è Lainô à la guitare électrique.

    La suivaient Jacob, longs cheveux châtains en bataille, barbe de trois jours, Ray Ban Wayfarer noires, chemise rouge, jeans bleu foncé et Converse montantes rouges ! C'était à peu près la tenue, avec de modestes variations de couleur, de Dancefloor et Shampoo. Quant à Ron Wood, qui logeait juste à côté, il rejoignit la troupe en retard, et apparut en courant sur scène affublé d'un tee-shirt rose pétant, d'un jeans bleu clair qui commettait l'exploit d'être à la fois serré et flottant et de baskets informes multicolores aussi flashy que la vitrine d'un magasin de bonbons ! Sans oublier sa légendaire chevelure ébouriffée !

    Oona saisit sa basse, Ron Wood et Jacob leurs guitares, Shampoo et Dancefloor s'assirent qui à ses claviers, qui à sa batterie, et one, two, three, four, le riff de Happy envahit la petite salle sous les cris et les applaudissements d'une assistance ravie par ce concert surprise ! Contrairement aux concerts de l'hiver, c'est Oona qui se chargea du chant, les "boys" faisant les choeurs ! L'interprétation du morceau était résolument rock, guitares saturées, basse puissante, batterie frappant dru les peaux, orgue Hammond à l'avenant, soit un jeu aussi fort sinon plus que celui des Stones eux-mêmes !

    La suite du concert déroula le répertoire standard, mais raccourci au format boîte de nuit. Après leur prestation, longuement applaudie, les musiciens allèrent le plus simplement du monde au bar, consommer quelques boissons qu'ils tinrent à payer, hormis la tournée du patron, et discuter le bout de gras avec la cantonade !

    Puis, la tournée des boîtes contina, selon la même formule, au Bag O'Mails, au Flamingo et au Marquee pour le 31 juillet. Si le répertoire restait à peu près le même, il changea du tout au tout pour les concerts du mois d'août, qui eurent lieu au Caravanserai, au Welcome et au Lotus. 

    En effet, Tigrequeen joua un premier set fait d'extraits de l'album à venir, puis, en hommage à Santana, un second set fait uniquement de morceaux de cette formation, soit la splendide suite Eternal Caravan of Reincarnation, Waves Within, Look Up (To See What's Coming Down), Just In Time To See The Sun et Song Of The Wind, à laquelle fut joint le tour de force de Santana et Mclaughlin, A Love Supreme, emprunté au grand Coltrane ! Pour ces concerts, Angus, leur manager, joua des percussions, afin de servir au mieux le répertoire !

    Le dernier concert surprise fut donné au Fairport Convention, anciennement Chez Moustache, aux Granges sous Malval, le 31 août. Le patron était un fan absolu de ce groupe mythique du folk-rock britannique. C'est pourquoi, afin de situer les choses, le premier couplet de Come All Ye était peint sur la façade, au-dessus de la porte !

    Évidemment, on adapta le répertoire en remplaçant les morceaux de Santana par un choix de morceaux de Fairport. Vêtus de chemises à carreaux, jeans, grosses chaussures et chapeaux paysans, les Tigrequeen, après un premier set "maison", se lancèrent dans Fotheringay, Who Knows Where The Time Goes?, Genesis Hall, Come All Ye, chantés par Oona, Mr Lacey, Si Tu Dois Partir, chantés par Jacob, deux morceaux de Sandy Denny, le pacifiste Banks Of The Nile et Late November, à nouveau chantés par Oona, pour terminer par le rappel Meet On The Ledge, chanté par Oona et Jacob, accompagnés aux choeurs par le groupe ! Précisons que les compères entrèrent sur scène avec de fausses moustaches en hommage à l'ancien patron, assez vite enlevées toutefois !

    Les morceaux de Santana et Fairport Convention avaient été répétés au printemps, lors de l'enregistrement du disque au Collège Voltaire, en vue de ces concerts. Ils avaient bien sûr été mis en boîte, on ne sait jamais, pour garnir singles ou EP par exemple !

    Le concert des Granges fut suivi par un banquet dans la cour du restaurant, joyeux, fraternel, festif ! A la guitare, à l'harmonica, au violon, on jouait des standards folk et country, les gens chantaient et dansaient, dans une joyeuse sarabande qui se termina à point d'heure ! Oona et Jacob, heureux, se tenaient par la main en regagnant leur Mini Cooper, sous la clarté bienveillante de la lune !

     

     

    Jacques Davier (Octobre 2026)

  • Tigrequeen (Les Poèmes de la lune rouge, LIII)

    Lorsque Jacob entra dans l'aula du Collège Voltaire, tout le matos était déjà en place, notamment les deux imposants amplis disposés aux deux extrémités de la scène. La batterie trônait au milieu de celle-ci, entourée par les claviers, les guitares posées sur leurs présentoirs et les cables qui reliaient la scène au local technique où se trouvait la console. Bref, il put constater que tout était prêt pour l'enregistrement !

    Oona passa son bras autour de son cou et l'inonda de bisous, sur la joue, sur la bouche !

    Tigrequeen était la dernière aventure musicale du couple, qui faisait suite à la débandade de The OJ Company. Tigre était le nouveau nom de scène de Jacob, et Queen était celui de Oona ! Tigrequeen devenant naturellement le nom du groupe. Jacob, à la guitare et Oona, à la basse, combinaison désormais classique, s'étaient entourés de musiciens valaisans et anglais, rencontrés à Brigue durant la tournée des OJ ! Il s'agissait de Shampoo aux claviers, Dancefloor à la batterie et de l'ex-Stones Ron Wood à la deuxième guitare. Ces musiciens, qui tournaient avec quelques comparses dans la région alpine sous le nom de Alchimy, avaient remplacé au pied levé le "gang des Tessinois", qui avait quitté la OJ Company en pleine tournée, sans préavis, suivant Julien, quelle idée, pour... remplacer Jacob et Oona au sein des Ladders! Etrange farandole !

    Bref, le duo, augmenté de ses nouveaux membres, avait terminé la tournée des OJ sous le nom de Tigrequeen ! Pour la plus grande confusion des spectateurs et fans venus en masse à ces concerts sold out, qui retombaient néanmoins sur leurs pattes après le premier morceau, généralement Jumping jack Flash !

    Puisque les Ladders étaient out pour Oona et Jacob, ils décidèrent à Noël, en vacances à Zermatt, de se consacrer entièrement à Tigrequeen ! Leur nouveau manager, un pote irlandais d'Oona du nom d'Angus, qui jouait au moins de vingt instruments et se joignait parfois au groupe sur scène, leur dégotta deux soirées dans la boîte in de Zermatt, le Vernissage, les trente et trente et un décembre ! Soirées sold out, bien sûr, le lien entre la défunte OJ Company et Tigrequeen étant maintenant clair pour le public.

    La setlist comprenait tous les morceaux prévus pour le disque mort-né des OJ et, éventuellement, pour les Ladders, déjà rôdés en tournée, plus un bon brelan d'as de chansons des Stones, comme Jumping, Honky Tonk Women, chanté à la Gram Parsons par une Oona affublée d'un Stetson, pendant que Jacob tricotait des soli à la Bernie Leadon, Gimme Shelter avec une Oona n'ayant rien à envier à Merry Clayton, Everything's turning to Gold, Time waits for No One, Stray Cats Blues, Live with me, les rappels étant White Room et Badge, des Cream, joués enchaînés. Pour le concert du trente et un, le groupe fut rejoint sur scène pour une bonne partie des chansons des Stones par les Glimmer Twins, soit Jagger et Richards themselves, également en vacances à Zermatt !

    Vers trois heures du matin, alors que le concert était arrivé à son terme pour laisser la place au dancefloor, le groupe se lança dans un Wild Horses pas piqué des hannetons, joué à la Flying Burrito Brothers, Jacob jugeant cette version meilleure que celle des Stones, et chanté par un Mick très en voix ! Le mot de la fin, cependant, fut dit par Stephan Eicher, un habitué du Vernissage, qui avait fait les choeurs et joué du tambourin pendant une bonne partie de la soirée et qui emmena notre petit monde dans un Déjeuner en Paix de circonstance !

    Ce concert de l'An fut une soirée mémorable, qui se prolongea jusqu'au petit matin, et qui figure en bonne place dans les annales de la station !

    Quand, vers six heures, la petite troupe quitta le Vernissage et se dispersa sous la neige qui tombait dru, il fut question d'une participation de Mick Jagger et de Keith Richards au prochain disque de Tigrequeen. Vaine promesse de fin de soirée ou engagement ferme ? Seul l'avenir le dirait.

    Alors que les membres du groupe entraient l'un après l'autre dans l'aula du Collège, Jacob et Oona se tenaient par la main et leur souriaient !

     

    Jacques Davier (Septembre 2026)

  • Le bon verdogaucho !

    Le bon verdogaucho n'aime pas le fric parce que c'est capitaliste et qu'il est anticapitaliste, mais il empoche sans broncher les sept mille balles nets mensuels que lui paye l'administration où il ne fait pas ses heures, qu'il passe au bistrot parce que le monde est moche.

    Il est pour le climat mais il continue de rouler à l'essence parce que l'électrique c'est trop cher, ça va pas loin et c'est la galère pour trouver une borne de recharge.

    Il est pour l'immigration mais il habite un quartier de bobos sans centre d'accueil parce que les immigrés c'est pour les banlieues pauvres.

    Il est pour la mondialisation et il vote toujours en sa faveur, car il se fiche pas mal des délocalisations et des licenciements, de toute manière son job est assuré.

    Il déteste la patrie et le service militaire, d'ailleurs il s'est fait réformer en simulant un problème psy.

    Vous en voulez encore ? Vous avez compris le principe, je pense !

     

    Jacques Davier (Juillet 2026)