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Auprès de mon arbre (tant qu'il est encore debout)

Je bétonne, tu bétonnes, il bétonne, nous bétonnons, vous bétonnez, ils bétonnent. J'abats, tu abats, il abat, nous abattons, vous abattez, ils abattent...

"J'ai plaqué mon chêne comme un saligaud / Mon copain le chêne, mon alter ego", chantait Georges Brassens dans Auprès de mon arbre. C'est aussi ce que pourrait chanter l'actuel Conseil d'Etat, et notamment son président, si ces personnes avaient un quelconque talent! Hormis celui d'abattre des arbres pour bétonner le canton, bien sûr!

A mon sens, les choses sont claires. Pour bien diriger Genève, il faut aimer Genève. Or, si on se penche sur le cas de Tony le Bétonneur, il semble évident que celui-ci n'aime pas Genève! Car s'il aimait Genève, il n'abattrait pas les arbres des Genevois, et il n'insulterait pas ces derniers en les traitant d'"écolo-égoïstes"! Même qu'égoïstes tout court aurait amplement suffi! Non, il ne prendrait pas ses concitoyens de haut (du haut de son incompétence?), et surtout il respecterait les arbres. Car les arbres sont des êtres vivants, à leur manière, et abattre un arbre c'est supprimer une vie. De fait, pour de nombreuses religions et cultures, les arbres sont sacrés.

Selon les autorités, pour limiter les déplacements, il faut construire la ville en ville, ainsi que dans les zones villas, ce qui implique l'abattage d'arbres par milliers! Le hic, c'est que cette politique résulte d'une vision totalement pervertie de l'écologie. Vision qui est également à la base de l'invasion d'éoliennes que va connaître sous peu le Jura. N'oublions pas que le terme "écologie" (du grec oïkos, maison, et logos, science, discours), signifie la "science de la maison", la science qui s'intéresse à ce qui nous est proche, soit notre environnement direct, et à nos rapports avec lui (voir Note 1). Donc, en vertu de cela, il est clair que la préservation des arbres entre pleinement dans les préoccupations de l'écologie!

Prétendre détruire notre cadre de vie pour "sauver" un environnement global, voire futur, est un non sens pour la véritable écologie, qui, j'insiste, concerne par essence le proche, l'immédiat, bref notre "maison". Si, dans une certaine mesure, on peut soutenir que notre maison est la planète Terre, cela ne saurait effacer le fait que les arbres genevois en font également partie! La véritable écologie ne peut mettre en opposition le proche et le lointain, ou global, non, elle doit considérer l'environnement comme un tout indissociable. Le climat, mais aussi les arbres, à parts égales, sans aucune priorité!

En conclusion, saluons le fait que la Cour des comptes se penche sur la question. On verra quels seront les résultats de ses investigations. Place à la justice, dans un dossier qui n'a que trop traîné, et halte au gang des bétonneurs et des scieurs de bois, en chantant Brassens, auprès de nos arbres!

 

Jacques Davier

 

Note 1 : L'écologie a été définie par le biologiste allemand Ernst Haeckel en 1866 comme "la science des relations des organismes avec le monde environnant [je souligne], c'est-à-dire, dans un sens large, la science des conditions d'existence".

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