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S. Initials S.G. Serge Gainsbourg et le rock, III (Les Perles du Rock, 22)

On ne présente plus Serge Gainsbourg (1928-1991), artiste, musicien, auteur-compositeur et interprète français parmi les plus marquants et géniaux du XXème siècle! Pour cela, il y a le web et les milliers d'écrits qui lui sont consacrés!

Si le chanteur a eu plusieurs périodes, chanson française, jazz, reggae, etc., je me concentrerai sur sa période plus spécifiquement pop et rock, soit grosso modo celle qui va du milieu des années soixante à la fin des années septante.

"J'ai retourné ma veste quand je me suis aperçu qu'elle était doublée de vison", a-t-il déclaré en 1965 à Denise Glaser dans l'émission télé "Discorama", à propos de sa conversion au pop-rock et de l'abandon du jazz et de la chanson française des débuts! Citant les Beatles, il décida clairement de laisser tomber le poète maudit rive gauche, qui ne vendait que mille à trois mille disques, pour embrasser sans hésiter la musique pop, et les ventes substantiellement démultipliées qui allaient avec! Il choisit de ne plus désormais être "out", mais bien d'être "in"!

Il continua d'écrire pour les artistes de cabaret, comme Juliette Greco, Régine, Michelle Arnaud ou Isabelle Aubret, mais il ajouta à sa clientèle de jeunes chanteurs, et surtout de jeunes (et belles!) chanteuses, parfois aussi actrices, à la mode, comme France Gall, Petula Clark, Anna Karina, Dalida, Françoise Hardy, Mireille Darc, Claude François, Dominique Walter, et bientôt Brigitte Bardot et Jane Birkin, ses deux muses essentielles!

Mais je laisserai pour le moment de côté les chansons écrites pour d'autres interprètes, afin de me concentrer sur celles qu'il interpréta lui-même, ou en duo! Ce qui en fait déjà un très grand nombre, guère apte à faciliter le choix, qui sera cent pour cent subjectif, évidemment!

NB. Compte-tenu de la richesse de la production discographique de Gainsbourg, ce billet sera scindé en trois parties!

Troisième et dernière Partie (1973-1978)!

  • Nous commencerons avec Vu de l'Extérieur, le 33T millésime 1973, dont sont extraits Je suis venu te dire que je m'en vais, inspiré par la "Chanson d'automne" de Verlaine, Vu de l'Extérieur, Panpan Cucul, Par hasard et pas rasé et Sensuelle et sans suite!
  • Et nous passons maintenant au seul album de Gainsbourg qui se revendique spécifiquement comme étant un album de rock, soit Rock around the Bunker, publié en 1975. Nous en extrayons J'entends des Voix off, "J'entends des voix off qui me disent, Adolf tu cours à la catastrophe, Mais je me dis bof, Tout ça c'est du bluff"!, Zig Zig avec toi, "Mon amour est si grand qu'j'en fais pas l'tour", Est-ce est-ce si bon?, de nouveau les allitérations et les répétitions, sa marque de fabrique, et enfin SS in Uruguay.
  • Quelques précisions au sujet de Rock around the Bunker, œuvre vue parfois comme une provocation excessive. Rappelons que Gainsbourg, né Lucien Ginzburg de parents juifs russes immigrés, naturalisé en 1932, dut porter l'étoile jaune en 1942. Avec le durcissement de la législation antisémite du Gouvernement de Vichy, ce sera une vie de fuite que devra mener la famille, se réfugiant finalement à Limoges, sous un faux nom. Grâce au sang froid de sa mère, qui cache leurs faux papiers lors d'une perquisition de la milice, la famille évite la déportation, alors qu'un avis de recherche au nom de Joseph Ginzburg, son père, est émis le 22 juin 1944 à Limoges. En janvier 1944, Lucien devient, à seize ans, pensionnaire au Collège de Saint-Léonard-de-Noblat. Il est envoyé un jour se réfugier en forêt, où il passera la nuit, avec une hache pour avoir l'air d'un bûcheron, par le directeur, ce dernier ayant été prévenu de l'arrivée imminente de la milice, à le recherche d'enfants juifs. Et on ne parle même pas de la déchéance de la nationalité française (récupérée bien sûr à la Libération).
  • Dès lors, Gainsbourg réfutera toutes les accusations politiques visant son disque, comme la "banalisation" du nazisme ou la provocation à l'antisémitisme, en affirmant qu'il sait de quoi il parle, ayant vécu, en tant que victime des persécutions antisémites de Vichy, ces choses dans sa chair. Donc, s'il y a quelqu'un qui est  moralement autorisé à publier ces chansons, c'est bien lui! Respect! Fin de débat!
  • Addendum. Ce disque peut être considéré, selon Loïc Picaud et Gille Verlant, comme "un exercice cathartique permettant à son auteur de libérer des sentiments refoulés" (in L'Intégrale Gainsbourg, Paris, Points, 2012, p. 400). Ce qui lui offre in fine la possibilité de rire du nazisme, et c'est très bien!
  • On enchaîne sans transition avec Good Bye Emmanuelle (1977), chanson titre d'un film porno! Et oui, Gainsbourg fut un maître en provocation! "Emmanuelle aime les intellectuels et les manuels, Emmanuelle n'a pas appris à aimer dans les manuels"!
  • Puis avec Le Cadavre exquis (1975), petit rock sans prétention!
  • Et le hit, Sea, Sex and Sun (1978), la chanson titre du film "Les Bronzés", avec l'équipe du Splendide. On reverra avec plaisir ce long-métrage qui tourne en dérision les vacances organisées!
  • Et enfin l'énigmatique Mister Iceberg (1978), une autre chanson qui ne se laisse pas facilement saisir! Egalement chantée en anglais, à l'époque, par Jane Birkin.
  • Une coda, Lola Rastaquouère (1979), pour le plaisir d'écouter un petit reggae!

Voilà! Nous somme arrivés à la fin du billet! Mais nous parlerons encore de Gainsbourg dans cette série, c'est sûr!

Bonne écoute!

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