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lait

  • Nationalisons Cremo !

    Les gazettes m'apprennent ce matin qu'il serait question de liquider la laiterie Cremo, pour cause de manque de rentabilité. Alors, je réponds doucement les basses !

    Tout d'abord, soyons précis. L'entreprise n'est-elle pas du tout rentable, ou pas assez rentable ? La nuance est de taille, et cache tout ce qui sépare le capitalisme financier axé sur le profit de l'économie libérale de marché, celle qui n'est pas financiarisée, qui ne joue pas en Bourse et qui réinvestit.

    Ensuite, soyons clairs. Le lait est essentiel pour la population, et le lait en poudre, cause principale de la non rentabilité, semble-t-il, est essentiel pour les nourrissons. Donc, pas touche à notre lait ! Si le capital, soit l'actionnariat, se plaint de n'avoir pas assez de thunes dans ses poches, notamment pour boursicoter, on se passera de lui !

    Ce qu'il convient de faire, c'est de nationaliser Cremo, afin de sécuriser son avenir en l'extrayant du marché. De la sorte, on pourra payer correctement les paysans tout en vendant le lait à un prix raisonnable, sans soucis de rentabilité ! Nationaliser ? Oh horreur ! Mais on l'a bien fait jadis avec les CFF et La Poste !

    Le but n'est pas de faire du fric, mais de nourrir la population ! Quant au capitalisme sauvage ultralibéral, bisque bisque rage !

    Je me souviens de mon enfance au Tessin. Les paysans du coin étaient organisés en une coopérative pour produire et vendre le lait, la Latteria sociale. Le système fonctionnait très bien, les paysans étaient correctement payés et les gens buvaient du bon lait pas cher ! Ma grand-mère assurait la permanence à la laiterie une ou deux matinées par semaine, et j'aimais bien aller lui rendre visite. Elle puisait le lait dans une immense boille avec une grosse louche, puis le versait avec précaution dans les bidons des clients. Elle me confiait parfois la mission de ramener un bidon à la maison, ce que je faisais avec le plus grand soin ! Ce système, qui fonctionnait à la satisfaction générale, sauf à celle de très rares adorateurs du Veau d'or, fut bien sûr détruit par le capitalisme prédateur, comme aurait dit Jean Ziegler, dans les années quatre-vingts.

    Enfin, en réponse aux euroturbos et autres fanatiques de la concurrence, nous dirons que, leur concurrence, nous n'en avons rien à faire et qu'ils peuvent se la garder. Il ont déjà fait assez de mal comme ça ! No passaran !

    Attention, nouvelle de dernière minute. Il semble que la faîtière envisage de délocaliser Cremo en Uruguay. Les vaches y seraient bien confortables, et le lait serait livré en Suisse par drones, le bateau et l'avion étant jugés trop chers ! Génial, non ? On pourrait d'ailleurs étendre le concept à la viande !

     

    Jacques Davier (Juin 2026)

  • Les dessous de l'Accord cadre

    Un vétérinaire met en avant la sévérité de la législation suisse en matière de protection des animaux, en particulier au niveau de l'espace et des sorties, pour ce qui concerne l'élevage. Par ailleurs, il déplore le fait que de nombreuses exploitations de vaches laitières mettent la clef sous la porte!

    Les deux choses sont évidemment liées! L'élevage domestique est trop coûteux, et le lait suisse est trop cher par rapport au marché. En conséquence de quoi, la filière n'est plus rentable!

    Alors, que faire? Il n'y a pas trente-six solutions, soit on abaisse les normes légales, soit on revient au protectionnisme et on ferme les frontières! Eh oui mes cocos, Trump l'a fait, nous pouvons le faire aussi! Il en va de notre économie et, plus largement, de notre société! Que les poulets ukrainiens restent en Ukraine!

    Cela démontre en tout cas la nécessité de mettre un terme à notre flirt suicidaire avec l'Europe, et de rejeter sèchement cet Accord cadre colonial qui ferait de nous les vassaux et la vache laitière d'une UE tyrannique, qui en retour nous noierait sous son propre lait! Qu'on se le dise!

     

    Jacques Davier (Février 2025)