Triomphe à l'Octogone! (Les Poèmes de la Lune rouge, XXXXV)
Travail en cours. La numérotation du chapitre est provisoire.
La salle de l'Octogone à Pully était pleine! Plus de six-cents personnes attendaient la Company en tapant du pied et scandant OJ! OJ! OJ! La formation s'était stabilisée avec Oona, magnétique frontwoman, au chant, Jacob à la guitare lead, Izio à la guitare rythmique, Julien à la basse, Togn aux baguettes et Felix au violon et autres. Oona, Izio ou Felix se chargeaient de l'éventuel clavier.
Lorsque le concert commença avec une version pêchue de Born in Chicago du Butterfield Blues Band, on pouvait voir les derniers rayons de soleil à travers la baie vitrée. Felix se distingua à l'harmonica, tout comme Oona qui chanta avec une voix puissante de blues qu'on ne lui connaissait guère, résultat de cours de chant pris en toute discrétion!
Puis, dans un flot d'applaudissements et de sifflements, on enchaîna avec East-West, un instrumental, Oona passant au piano électrique, Felix restant à l'harmonica. Ce morceau de bravoure fut suivi par Get out of my life woman, chanté malicieusement par Jacob, Oona ne quittant pas son piano, et par I got a Mind to give up Living, All these Blues, Last Night, Mary Mary, Mystery Train et Work Song, Jacob et Oona prenant à tour de rôle le lead vocal et Jacob alternant les solos de guitare avec Julien! Felix était scotché à son harmonica C!
Après ce festival Sixties, la OJ Company attaqua le répertoire des Ladders, profitant de la présence de Julien. Et en avant avec Klimatik Blues, chanté en duo par Julien et Oona, suivi par le hit absolu des Ladders, Le Soleil de Vergy, chanté par Oona et Jacob, Réminiscences, Bételgeuse, You and Me without Them et Bonzo Rock.
Alors que les applaudissements battaient leur plein, Jacob annonça une pause de trente minutes. "Nous prenons notre pause et ainsi ferez-vous, sandwichs et boissons à disposition"! Contrairement à Nyon, on ne venait pas à un concert des OJ pour manger!
La seconde partie du concert commença sur les chapeaux de roues, Oona, vêtue de la tunique rouge, pantalons blancs et shako noir des soldats anglais de l'expédition d'Egypte de 1801, arrivant la dernière sur scène accompagnée par les roulements de tambour de Togn!
Le temps que les applaudissements cessent, le groupe se lança dans un petit set de chansons de Fairport Convention et Sandy Denny, inauguré par Come All Ye et suivi par Matty Groves, Tam Lin, Crazy Man Michael, Late November, It suits me well, Fotheringay, Autopsy et se terminant par un Banks of the Nile triomphal, morceau justifiant l'habit militaire d'Oona! Celle-ci, qui avait chanté seule tous les morceaux de la séquence sur le devant de la scène, fut abondamment applaudie, alors qu'elle se tenait au garde-à-vous, son shako droit et haut sur la tête, visière baissée!
Après quoi, les OJ revinrent à des affaires plus classiques et interprétèrent quelques morceaux prévus pour le nouveau disque des Ladders (ou pour le premier CD de la OJ Company?), tels que le christique Corona Requiem, Marcher sur l'Eau, Adieu Paris Bonjour London, Comme une Eolienne sans Pales, hommage à Charlélie Couture, Your Dead Country, Poor American Girl ou Le Premier Jour de la Fin de ma Vie!
Le concert se termina par le Love, Love, Love de Jacob et A Bottle of Port, de Jacob et Oona, une nouveauté chantée en duo par le couple. Trois tours et puis s'en vont? Non, car il y avait les encore! Et le groupe avait réservé à cette occasion une surprise de taille à son public!
Revenu sur scène en dernier, alors que les acclamations baissaient en intensité, Jacob annonça "Et maintenant, je vous demande d'accueillir... Stephan Eicher!" alors que le barde helvète entra sur scène sous les vivats d'une foule déchaînée! Ce dernier salua les musiciens et le public, puis brancha un jack sur sa six cordes. Pendant que ce petit monde s'accordait, Oona dit avec humour qu'elle se félicitait de voir que, après les tracteurs, les vérandas et les robots, Stephan Eicher revenait au rock, accompagné par une vraie bande de rockers!
Et sans transition on entendit l'expression "eis, zwö, drü, vier" lancer le groupe dans un Déjeuner en paix frisant le hard rock, suivi par une sarabande eichérienne composée de Des hauts, des bas, Mon Ami (Guarda e passa), Cendrillon après minuit, Taxi Europa et enfin un majestueux Les Filles du Limmatquai!
Le barde salua à nouveau la foule et se recula alors qu'Oona et Jacob s'avancèrent pour entonner Love, love, love, Stephan faisant les chœurs avec le groupe. Le morceau fut étendu sur près de dix minutes, après quoi, révérences et départ pour les loges!
Pendant que le public ravi quittait lentement l'Octogone, les OJ et Stephan Eicher partaient plus ou moins discrètement dans deux Mercedes-Benz pour aller festoyer dans un bar du coin, le Tire-Bouchon, propriété d'un pote!
Jacques Davier (Mars 2026)